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"XIII"

XIII





Quand Dagobert mourut,
Le diable aussitôt accourut;
Le grand saint Éloi
Lui dit : Ô mon roi !
Satan va passer,
Faut vous confesser.
Hélas, lui dit le roi,
Ne pourrais-tu passer devant moi ?





Le chemin de ronde derrière la Castille s’effondre, comme prévu, au bout d’une soixantaine de mètres. En contrebas de la brèche il y a une plage où, depuis son youyou, une pêcheuse lance sa ligne.

ANNE – De la mer à la tour quelle distance, tu crois ?

CHARLOT – La même que de notre richesse à notre noblesse.

ANNE – Qui la franchira ?

CHARLOT – La pècheuse à la ligne.

ANNE – C’est pas con.

La courte échelle vers la mourtrière ne serait pas con non plus. Ils se hissent l’un l’autre à tour de rôle et découvrent, comme prévu, le noir insondable et plat. Le vent les fait se garer dans l’angle d’un vieux mur. Dimanche, cinq heures. Un taureau beugle. Une chanson remonte de la plage. C’est la pècheuse. Elle porte sur l’épaule une paire de rames blanches et un vêtement aux trois couleurs de la lèpre médiévale, noir pantalon dégageant le genoux, rouge polo, marron foulard où la chevelure descend en gamme à mi-dos.

PECHEUSE – « Si loin de vous, lacs poétiques
« Que le destin guide nos pas,
« Ravins, rochers, grottes antiques,   
«  Nos cœurs ne vous oublieront pas.

Anne et Charlot sont stupéfaits de la reconnaitre.

Anne & Charlot – Roseline.

PECHEUSE – Non, plus ce nom, mais Di O Nyson, DON pour aller plus vite chasser le dondon.

ANNE – Aller où ?

PECHEUSE – Au service funèbre que je fais célébrer à l’intention des vivants, à la vôtre en particulier.

Tirant de sa poche un mouchoir noir bordé de blanc la pècheuse s’y mouche sans bruit. Sa deux-chevaux silencieuse et flambant neuve trace un sillage de fumée où Anne et Charlot, alourdis déjà par un repas de champignons arrosés de Malvoisie, s’engloutissent. «Don-don » fait la cloche d’une église. Changement de paysage et de temps. Dans sa maison de campagne au bord d’une ancienne voie romaine, A Anne passe la dernière semaine des vacances. Charlot qui vient la rejoindre à bicyclette soulève sur la route des tourbillons de fouilles mortes. Elle a insisté pour qu’il passe inaperçu. Entrant au soir par la porte vitrée des commune il la trouve accroupie sur le dallage des lavabos, y passant une couche de plastique noir qui se lave comme de la porcelaine.

CHARLOT – Coucou c’est moi.

ANNE – Ah tu m’as fait peur, je croyais que c’était quelqu’un.

Ils se réchauffent sous les couvertures. En fait de rendez-vous secret c’est raté. Au matin croyant solidifié le plastique des lavabos, Charlot y laisse l’empreinte de son pied nu dont la maison vide va se gausser tout cet hiver. Un jour, certes, reviendra pour eux le printemps dans la villa, et ils réentendront la circulation nocturne des militaires sur la voie romaine, pour eux marchera le pas des légions sur le cri répété par mille sentinelles. Par les pays muets tendus devant la porte on verra le cortège du triomphateur monter vers le Capitole, ou entendre l’enclave crier derrière son maître : « Respiciens post te hominem memento tel ». Et pour eux marcheront le rêve de Platon, du cachet de Socrate aux prisons de Sicile, et pas mal de soleils. Cela ils l’auront, mais en attendant, il y a aura toujours le pied.

CHARLOT – O cruelle nature, o cinéma chinois, que le vent d’est te balaye. Toi qui te souviens des vivants pour le mieux pousser vers la mort, que le vent d’est te balaye. Vedettes qui apposez votre empreinte sur le macadam pour mieux vous effacer dans l’oublie du balai !  

Le vent d’Est ne se le fait pas dire une troisième fois ; soufflant dans la figure d’Anne et Charlot il les réveille en larmes, et, sur leur retour vers Plage Blanche les oblige à s’arrêter dans une baraque de bergers. Drôle de baraque dont les pierres qui formaient le cadre de la porte ont été éventrées comme à coups de pique. On dirait que des barbaresques ont assailli un sépulcre pour violer une morte. Et puis dans un cercle il y a ce curieux graffitti :

HOC SIGNO ISTUM VINCES

     François-Pierre Cauneille

       XI – MDCCLXXXXII


Au sortir de la baraque Anne et Charlot longent les salines quadrillées, saluent l’église où se prépare un mariage, la villa « Indes Noires » dont un gravier noir tapisse le jardin et réintègrent leur bungalow. Là, merde, pas d’allumettes. Ils fouillent manteaux, pantalons, blazers, tout ce qui, à l’aveuglette, fait d’une penderie un gibet. A la fin on les retrouve. Elles étalent dans la trousse aux produits où Anne retient les trois visages de sa résurrection : l’essence de bergamote qui retient le bronzage du soleil – le lait de concombre qui ramène à la peau sa fraicheur de nouveau-né – la verte « pâte égyptienne » qui prète au visage son impassibilité de momie pendant un quart d’heure.

A l’auberge, Sauveur les accueille drôlement. A l’en croire Anne et Charlot, partis pour la « Castille » après le déjeuner d’hier y sont restés plus de vingt-quatre heures. C’est comme si une journée inconnue s’était déroulée entre le passage de la pêcheuse et le réveil du vent d’est. Pour ce qui est du graffiti, l’aubergiste le connait bien comme un souvenir de famille qu’il entretient de temps à autre.

SAUVEUR – L’abbé Cauneille était un petit curé du Languedoc que la Révolution avait exilé à Sabadell, près de Barcelone, où il resta quelques mois. Puis il vint à Lanzarote accompagné d’un serviteur qui est mon ancêtre. Mon ancêtre a fait souche ici, l’abbé est reparti vers on ne sait pas où et laissent un petit livre manuscrit que nous nous lèguons de père en fils.

Il leur montre un joli petit volume relié en maroquin rouge et orné d’un enfant qui avec un objet ressemblant à une équerre ou à une pioche fait mine de défoncer la reliure.

SAUVEUR – Vos compatriotes à qui je l’ai montré disent que c’est un pur délire, mais tous ne sont pas du même avis. Connaisses-vous le général David-Leroy ?

ANNE & CHARLOT – Un peu.

SAUVEUR – Il dit que c’est un véritable trésor. Je vous le prète.
Voici donc le petit ouvrage de l’abbé Cauneille enrichi des notes du général.

A mon fidèle serviteur et à ses descendants je lègue ses lignes , qu’ils les jettent quand elles n’auront plus qu’un intérêt de curiosité. Une copie intégrale est en possession de Monsieur Vauguyon, ambassadeur de France en Espagne.

LE ZERO FRANCAIS
Que bénie soit la chute de cheval que fit le Père de la Caille (1713- 1762) lors de son passage à Rennes-les-Bains. Ce bien-heureux accident ne me valait-il pas d’approcher ce savant que toute la France, ce chrétien si zélé qui faillit bien pendre la vue (certains disent la vie) en regardant toujours d'un coup son calepin de l'œil droit et le ciel de l'œil gauche dans sa lunette. Les pays étrangers nous l’enviaient. Les rectifications qu’il avait opérées sur le méridien 0 décrit par Piccard, et plus particulièrement sur son tronçon Dunkerque-Paris avaient fait l’admiration du Grand Frédéric, et ce souverain devait lui confier l’édification d’Unter den Linden , le méridien 0 de toutes les Allemagne. Notre pays pourtant ne pouvait se passer de lui. L’Eglise se l’adjoignit dans son « Art de vérifier les dates », cette œuvre fondamentale de Don Lobineau à laquelle nos descendants devront toujours l’existence d’une histoire de France, c’est à dire de l’Europe. C’est qu’en effet les connaissances de l’histoire et celles de la géographie sont absolument indissociables pour être conjointes à une connaissance du ciel. Ainsi dira-t-on qu’une astronomie qui ne tend pas vers l’astrologie n’est que ruine de l’âme.

Aux notes qui vont suivre, et doivent tout au Père de la Caille, j’adjoins quelques indications fournies par Feuillée et par les Mémoires de l’abbé Delmas rédigés en 1709, mais ma gratitude envers le premier n’en est qu’augmentée par les lumières qu’il jeta sur des œuvres sont, par mes seuls moyens je n’aurais jamais soupçonné la portée.

François-Pierre Cauneille
curé de Rennes-les-Bains.

Un prêtre, parcequ’il est soucieux du ciel et de la terre, se doit de méditer sur les rapports de l’astronomie avec la géographie. Le méridien 0 de la France ne saurait être une ligne « imaginaire » sans que l’on demande aussitôt d’où cet imaginaire provient et où il nous mène. L’on se proposera ici d’examiner dans nos connaissances rationnelles ce que l’instinct poétique n ‘a jamais cassé de savoir. La science infuse réclame, on le verre infiniment de rigueur. Si une géographie raisonnable peut se satisfaire vaguement de savoir que le méridian 0 passe par Paris et Carcassonne, une géographie poétique doit aller voir sur place quels lieux précis il traverse afin que la carte soit vecus pour la plus grande gloire de la Création. Sur la quarante points remarquable que jalonne le méridien 0 de la France nous n’en examinerons que treize, laissent au curieux la soin d’examiner les vingt-sept autres par lui-même afin qu’il se persuade au fond de son cœur de la sottise qu’il y aurait à dissocier la géographie physique de l’humaine.

FORT MARDYCK.
Le méridien 0 entre en France par le tilleul-miroir connu sous le nom de Til Eulenspiegel et qui fut déplanté en 1670 suite au travaux du géographe Piccard. En cette terre flamande le roi Louis XIV dédire implenter une communauté française qui, par les soins de Colbert, forme un petit état dans l'Etat, une pépinière de matelots.
Le passé de Fort Mardyck est chargé de superbes traditions depuis que Jules Cézar s'embarquant pour l'Angleterre y remit son commandement à Sulpice le Rouge de qui dérive peut-être le nom de Blooteland, pays du sang, que les flamands lui donnent encore. Evangélisé en 646 par saint Eloi ce lieu s’honore du premier clocher surmonté d’une croix que l’on ait vu dans le Nord. En l’an 911 la paix de Gisors eut ici pour conséquence le baptême de Rollon le Normand et son mariage avec la fille de Charles le Simple. Le méridien 0 est alors jalonné par un phare primitif, l’église et la rue du Gibet.
En 1168 Fort Mardyck est la premiere qui ait reçu le statu de ville franche, privilège solennellement renouvelé en 1297 par Philippe le Bel. Le conte de Flandre ayant été proclamé en 1504 roi de Castille et d’Aragon la ville revint à la couronne d’Espagne jusqu’en 1662 qui le voit revenir à la France encore que la reconquête se soit opérée par le concours de Cromwell. Son gouvernement passe alors au marquis de Montpesat qui tient Dunkerque et dont la charge fut de détacher Fort Mardyck de la chatellénie de Bergues laquelle était d’obédience anglaise.
La francisation de cette région opérée en 1670 fut une réussite remarquable. Les matelots pêcheurs ayant reçu le privilège d’élever des oies gardèrent de bonds rapports économiques avec l’intérieur ; et l’on sait que l’exemple fut suivi par une communauté du Bas-Canada qui subsiste encore aujourd’hui (I).
C’est en 1679 que Vauban remplace l’ancien phare par une construction plus moderne dont la lampe était recouverte d'un petit dôme de plomb surmonté de la fleur de lis d’or dont on marque toujours le nord des boussoles. Cet édifice fut démoli en 1718 aux termes du traité d’Utrecht.

PETITE-SYNTHE.
Sixticapella est le nom d’origine de ce lieu désignant une chapelle hexagonale, maquette du territoire. Le passage du méridien est encore signalé de nos jours par « Croys Bellaert » ou « Croix des Clochettes », une borne celtique christianisée et dédiée à saint Antoine l’ermite dont la fête au 17 janvier donnait lieu au « Rozenhood », dansè sur la ligne rouge ou du chapeau de roses. Ce divertissement se pratiquait sous une couronne de roses suspendus en l’air. Au Rozenhood s’associe le Roze-papa ou le Roze-papa de Dunkerque ainsi que tous les géants du Nord qui ont reçu le nom de Reuzes mais dont la célébration se situe plutôt dans la nuit du solstice d’été (2).

ERINGHEM
Passage de la ligne jalonné par un vieille tombe et un tilleul.

BOLEZEELE.
Passage de la ligne signalé par une statue de pierre que l’infante Isabelle d’Espagne a agrémentée d’un fil rouge et d’une ceinture dorée.

AMIENS.
Ici l’on visite encore l’endroit où saint Martin a coupé en deux son manteau rouge, donnent ainsi la structure géographique du domaine celtique. Sa tradition de thaumaturge héritée de saint Hilaire nous a été transmise par Sulpice Sévère, par Sulpice évêque de Bourges, de qui la tient saint Grégoire de Tours. Sulpice Sévère et Sulpice de Bourges, établis tout deux sur le méridien 0 sont un rappel de Sulpice le Rouge que l’on a vu à Fort Mardyck. Le nom de Sévère désignant une séparation est lui-même une allusion au manteau coupé.
Cette coupure du manteau rouge a parfois été prise en mauvais part dans un sens trop concret comme s’il s’agissait d’un établissement de frontière territoriale ou sociale. « Faisait-il si froid cet hiver, demande Sancho Pança, que saint Martin ait guardé pour lui la moitié du manteau ? » Et l’on citera encore la chanson populaire espagnole :

« San Martin, santo francès
« partio la capa con Dios ;
« entera la habia dado
« si hubiera sido espaňol »



Encore que la cathédrale d’Amiens ne soit pas située rigoureusement sur le méridien il convient d’y examiner les rapports du « Beau Dieu » avec le « pot aux rose » et le « pot de lis » dans le portail. Un beau texte de saint Jérome dicte la méditation : « Il se tenait dans la porte car c’est par lui que nous arrivons au Père sans qui nous n’entrerons pas dans la Cité de Dieu. Un jugement admettra les justes, donnant pour injustes ceux qui ne sont pas dans la porte. »

SAINT DENIS.
Ici la ligne rouge s’inscrit avec le sang de saint Denis à la tête coupée comme avec le vin de sa vigne à Montmartre dont le nom rassemble Mars, Martin, Mercure et martyre. Saint Denis est le siège de la nécropole mérovingienne instituée par Dagobert I en succession à la nécropole de Saint Germain des Prés où n’entrent ni carolingiens ni capétiens. Sut le tombeau de Dagobert I on remarquera l’image d’Osiris, dieu solaire égyptiens.

PARIS
Situation ambigue par dédoublement du méridien puisqu’il faut à la fois poursuivre la ligne suivie jusqu’ici et passer par la cave du diable Vauvert sur qui se fond l’Observatoire, mais aussi découvrir l’église Saint Sulpice sur la verticale plane de Saint Germain des Prés.
Le méridien de l’Observatoire est signalé par Rabelais dans le jeu qu’il propose entre le diable Vauvert et l’estafier de Saint Martin où par diable il faut entendre une science occultée.
Le méridien de Saint Sulpice se trouve deux ou trois cent mètres sur l’est du premier, ayant la particularité de s’inscrire dans le dallage par une ligne de métal qui allant frapper l’obélisque du gnomon doit être poursuivie vers le nord jusqu’à désigner le nécropole mérovingien de Saint Germain des Prés. D’où l’on peut concevoir un conflit entre méridien royal fondé sur l’Observatoire et le méridien clérical fondé sur Saint Sulpice.
Pour n’évoquer que le méridien 0 de Saint Sulpice on notera le soin qui fut pris de le mettre en valeur par le percement d’un trou dans le vitrail méridional, ainsi disposé qu’à midi de l’équinoxe le soleil aille frapper pendant quelques secondes le disque de cuivre situé dans le choeur. Ce disque jadis humecté de vinaigre avant l’office des ténèbre diffusait à midi une lueur verte, dernier breuvage du Christ en croix, (3) couleur de Raphaël.

LA CHAPELLE SAINT-URSIN
Ici est le centre de la superficie française et le milieu du tronçon français du méridien 0.
Ce lieu a été consacré par les rois du monde qui furent « Bituriges » et reçurent Vércingétorix en qualité de chef de guerre. La bataille eut lieu plus à l’est en Avaricum où est aujourd’hui Bourges par mutation des Bituriges en bourgeois. Saint-Ursin fur l’immense camp où se rassemblerent 40.000 cavaliers et où s’établit le quartier général, mais la tradition existe d’un souterrain unissant la chapelle Saint Ursin à la maison de Jacques Coeur dans Bourges en passant par le faubourg d ‘Auron.

Grégoire de Tours cite Saint Ursin en qualité de premier évèque de Bourges précédant ainsi Saint Sulpice.

La situation centrale de la chapelle Saint Ursin permet d’y imprimer simultanément les deux emblèmes hexagonaux que sont la fleur de lis et le sceau de Salomon. L’on y voit de fait s’y installer au VI siècle et s’y épanouir la communauté juive qui détenait le bassin de jaspe rouge orné de godrons qui provenait du temple de Jérusalem.

MAURIAC
Ici est la première en date des « Vièrges noire » françaises, dite Notre Dame des miracles par le pouvoir qu’elle donne aux fidèles de se déplacer dans l’espace et le temps. La légende de Mauriac veut que deux croisés capturés par les Maures et chargés de chaines se soient retrouvés par miracle dans la chapelle locale, les « Acta Santorum » font état de la même légende qu’ils situent à Saint Germain de Prés.
Cette Vierge noire fut apportée en l’an 507 par Théodéchilde, fille de Clovis, laquelle y allume une chandelle dont la flamme s’est éteinte l’an dernier (1791).

BELCATEL.
Un homme faillit se noyer en 1270 dans les gorges de Belcatel où passe la ligne. Elzear de Sebran plongea pour le saveur ; Jeanne de Villeneuve sa cousine vit tomber une rose rouge et, relevant la tête, aperçut une immense corde qu’elle jeta aux deux hommes pour qu’ils y accrochent. Jeanne de Villeneuve entra en religion et y prit le nom de Roseline, ou ligne rouge, selon lequel on l’a canonisée.

COLOMBIES
Sainte Colombe venant d’Espagne accompagnée d’un ours s’est installée ici en l’an 281 et y demeura vingt huit jours recevant du ciel une manne qui lui était servie sur un bouclier. La vénération de Sainte Colombe a été instituée par Saint Sulpice du temps où il était maître d’école au palais du roi Dagobert II, c’est lui qui a dédié l’abbaye de Colombies à cette sainte.

CASTRES
Le rocher de Campsoleil, près du bourg de Lafontaine jallone le méridian 0. Ici le domini canis, chien de Dieu dit Saint Dominique, a vu descendre l’étoile rouge et reçu les directives de l’ordre des Frère Prècheurs qui se réclame de lui. Dans une grotte voisine, le saint troublé dans sa lectures par les malices d’un singe et la nécessité de tenir une chandelle institua le Rosaire.

RENNES LES BAINS.
Ma paroisse. Une belle avenue plantée jalonne le méridien 0 menant à la « Source d’Amour » ainsi nommée par l’amertume de son eau qui guérit les maladies de cœur.

Poursuivant la ligne hors de France vers le midi, on y voit trois points remarquables.

SABADELL.
Faubourg de Barcelone. Lieu d’exil et de rassemblement pour les prêtres réfractaires. Ici est mort mon collègue Bigou, curé de Rennes le Château. R.I.P.

ILES BALEARES.
La ligne passe entre Mayorque et Minorque. Joinville raconte que la nef de Saint Louis, au croisement de cette ligne y recueillit un marin qui nageait. Comme l’on s’étonnait qu’il ait pu survivre à un naufrage, ce matelot répondit qu’il s’était « commandé » à Notre Dame de Vauvert » laquelle l’avait « soulevé par les épaules dès qu’il chut jusques à tant que le roi le recueuille ».

Une séquelle de calembours devait faire de Notre Dame de Vauvert une Notre Dame du Verdelot (vert de l’eau) qui fait l’objet d’un culte dans le diocèse de Meaux (de mots) où sa statue et en bois de noyer (de noyé). Les révolutionnaires ayant entrepris de déplacer cette effigie durent y renoncer tant elle était lourde. (4)

CHERCHELL
Village algérien, anciennement Césarée. Le méridien 0 est jalonné par Kobr-er-Roumia, c’est à dire « tombeau de la chrétienne ». C’est une pyramide qu’édifia le roi Juba II de Maurétanie, seigneur des Canaries, en l’honneur de son épouse Cléopatra qui n’était pas chrétienne mais la dernière souveraine issue des pharaons ptolémaiques. (5)

⁰ MATER DEI MEMENTO MEI ⁰

Notes du Général David-Leroy
(I) ; La société française de Fort Mardyck a été dissoute en 1824 sur ordonnance de Charles X considérant que les marins pêcheurs devenu illettrés semblaient incapables de se gérer eux-mêmes.

(2) ; La république française tire son surnom « Marianne » du canal Marianne qui unissait jadis Mardyck, Petite Synthe et Dunkerque.

(3) ; La réputation de laideur faite à l’église Saint Sulpice eut toujours pour but de détourner l’attention de l’intérêt prodigieux qu’elle présente et dépasse de loin ce qu’on appelle « le mystère des cathédrales ». S’il y a une laideur de Saint Sulpice on l’imputera aux multiples plans qui ne cessèrent de la modifier en cours de construction, c’est à dire à la poursuite du symbole le plus dense qui demeure, hélas, inaccessible.

Pour s’en tenir à l’âge romantique certains phénomènes auraient du retenir l’attention des historiens. C’est en regardant les tours de Saint Sulpice que Flore Tristant eut la révélation que l’aumone les avait édifié, et que, pour la cause du peuple, elle fit la quête. C’est à Saint Sulpice que Flore Tristan, grand-mère du peintre Gauguin, inventa la fameuse formule chrétienne « Prolétaires de tous pays, unissez-vous ». C’est encore à Saint Sulpice que les conjurés de la « jeune France » convinrent que Hierro (l’île de Fer) serait le mot de ralliement pour le bataille d’Hernani.

Et à quoi songeait donc Madame Victor Hugo quand aux jours où son mari avait une première au théatre elle donnait ici à Saint-Beuve ses coupables rendez-vous.

Le cas du sculpteur Carpeaux apparait un douloureux partage entre les deux méridien. Son domicile de la rue de l’Abbaye se trouve sur la ligne dorée de Saint Sulpice, et c’est à Saint Sulpice que le 15 aoùt 1854 il invoque la Vièrge pour qu’elle lui fasse obtenir le Prix de Rome en faveur de son « Hector invoquent les dieux en faveur d’Astyanax ». Pourtant c’est sur le méridien de l’Observatoire qu’à deux reprise Carpeaux rencontre la fortune ; la première fois sous le porche de la cathédrale d’Amiens où Napoleon III vit son bas-relief représentant la soumission d’Abd-el-Kader. La deuxième fois fut la commande à lui passée en 1867 d’édifier la fontaine monumentale de l’Observatoire, qui dans les jardins du Luxembourg illustre le méridien 0. Entre ces deux évènements l’on doit situér le fameux dialogue de l’artiste avec le savant Arago : CARPEAUX « Vous autres astronoms vous ne croyez à rien ».
ARAGO « Mai qui donc vit plus près de Dieu que nous ».

Il semble que Carpeaux ait été l’héritier spirituel du sculpteur Elschoët, dit „la Chouette”, né à Dunkerque en 1791 et décorateur du Palais du Luxembourg.

(4) Prévost-Paradol fait état d’un mouvement d’opinion qui, en 1859, réclamait le rattachement des Baléares à la France par sa situation sur le chemin de l’Afrique du Nord.

(6) La pyramide de Cherchell, la plus étrange de toutes. Les fouilles récentes ont révélé un réseau de couloirs qui ne mène à aucune sépulture.

SAUVEUR – Un vrai conte de Bacchus.

CHARLOT – Avez-vous de champagne ?

SAUVEUR – Treize bouteilles me restent, de Reims.

CHARLOT – Alors à Bacchus.

ANNE – A J-C

CHARLOT – Jean Cocteau ?

ANNE – Jésus-Christ. La source d’Amour, tout de même.

SAUVEUR – L’Amour peut vaincre la Mort.

CHARLOT – Mais il y faut un sacré coeur.

Et l’on trinque à tout cela, aux Chérisey qui titubent sur leur devise « Toujours tout droit », à la resurrection d’Osiris, au cadavre franchi d’Hiram, et à bien d’autres choses encore plus ésotériques.

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